Pauline à Paris : un OLNI !

LE CONCEPT

Pauline à Paris est clairement un O.L.N.I* : il ne ressemble à rien de ce que j’ai pu lire jusqu’à maintenant. L’auteur, Benoit Vidal, tient un blog depuis 2011 où il met en scène les histoires racontées par sa grand-mère centenaire (!!) sous forme de romans-photos. Il a été repéré par un éditeur (FLBLB) qui a voulu publier ses travaux.

Pauline_a_Paris-COUV

Joséphine.

Je suis tombée dessus au hasard de mes pérégrinations numériques, et j’ai été immédiatement séduite par ce concept, pour diverses raisons :

  • la forme, tout d’abord, surprenante et a priori efficace (roman-photo mêlant portraits de Joséphine, photos de famille et documents d’époque)
  • l’idée d’interroger et de garder une trace des témoignages de sa grand-mère
  • l’époque évoquée (le Paris des années 1900).

  *Objet Littéraire Non Identifié

L’HISTOIRE

Joséphine, 106 ans, aime raconter des histoires. Elle aime notamment raconter celle de Pauline, qui fut son amie et dont les aventures débutent vers 1886 quand elle monte à Paris et trouve une place de bonne. Elle raconte la petite valise, la chambre sous les toits, les 10 francs par mois et les bals du samedi soir. Et ça respire Victor Hugo, Emile Zola, Maupassant.

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L’histoire de Pauline est assez banale finalement, mais Benoit Vidal réussit à nous accrocher en nous racontant Joséphine racontant Pauline (c’est bon, vous me suivez ?). picto-goodUne espèce de mise en abyme, en fait.

Cependant, il finit par s’interroger sur la part de véracité/affabulation dans cette histoire qu’il a entendue des dizaines de fois. Bien sûr Joséphine affirme que tout est vrai, elle a d’ailleurs elle-même rencontré telle personne, visité tel endroit. Face à l’étonnante précision de certains détails quand d’autres éléments restent très confus, il se décide à mener l’enquête. Il tente ainsi de retrouver ces acteurs de la mémoire de Joséphine et de retracer leur vie. Les deux projets se retrouvent donc habilement mêlés.

LE LIVRE

Dans mon esprit, le roman-photo était lié soit à des publications pour enfants, soit à des revues humoristiques (Fluide Glacial). Pour moi, le roman-photo avait quelque chose d’ironique ou de simplet. Force est d’admettre que Pauline à Paris n’appartient à picto-goodaucune de ces catégories. C’est un livre intelligent et touchant.

J’ai aimé les images d’époque qui parsèment les planches (cartes postales, journaux, affiches…). Elle s’intègrent bien à l’ensemble et viennent toujours illustrer les propos de Joséphine de façon pertinente. J’ai aimé également découvrir cette Joséphine dont on devine la malice. En la lisant, j’ai cru entendre ma propre grand-mère, que j’avais « interviewée » il y a plusieurs années à propos de sa jeunesse sous l’Occupation… j’ai reconnu ses intonations, son humour parfois involontaire et cette espèce de désabusement tranquille, d’honnêteté naïve de la vieillesse.

Par ailleurs, la construction du livre en deux parties entrelacées m’a beaucoup rappelé un autre O.L.N.I lu l’an dernier, Les gens dans l’enveloppe, dans lequel j’ai décelé le même esprit (même si la forme est complètement différente). J’ai retrouvé notamment ce questionnement sur l’importance de connaître la vérité, les mêmes démarches de recherches (généalogie, photos de famille, archives locales, témoignages de voisins…).

Les_gens_dans_l_enveloppe

Coup de cœur 2015

picto-pasgoodConcernant la forme en elle-même, j’ai moins aimé le rendu parfois amateur (détourages d’images imparfaits, définition de certaines images un peu « limite »), mais je crois que ce qui m’a le plus gênée en refermant le livre, c’est l’absence de toute référence pour les nombreuses images qu’on retrouve au fil des pages (notamment les tableaux !). J’ai voulu le signaler ici pour que ma critique soit complètement honnête, mais ces quelques maladresses sont rapidement pardonnées et oubliées à la lecture. ADDENDUM du  23/01/2016 : Suite à la publication de cet article, l’auteur et les éditions FLBLB m’ont fait remarquer que l’intégralité des ressources iconographiques ainsi que leurs droits de reproduction apparaissaient sur une page de leur site, et qu’une petite note au début du livre le précisait (je ne l’avais pas vue, mea culpa).

MON VERDICT

Pauline à Paris ? un page-turner ! (désolé mais il n’existe pas de mot équivalent en français!) A peine reçu, je l’ai dévoré.

Ce roman-photo surprenant nous renvoie à une histoire du XXe siècle mythologique : familier et fascinant à la fois. Tout le monde pourra reconnaître en Joséphine une grand-mère, une tante, une voisine. D’autre part, l’ensemble est très adroitement226ASP6179944780 agencé, on suit le fil que Benoit Vidal déroule pour nous sans heurt, avançant de surprise en surprise.

Sans que je m’y attende, c’est aussi un livre qui m’a donné envie de relire Zola (Au Bonheur des Dames ♥) et qui m’a confortée dans mon amour pour les Misérables.

Pauline à Paris (Benoit Vidal, FLBLB, 2015) – 145 pages

Reading Challenge 2016, pour la catégorie « livre écrit à la première personne ». 

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2 réflexions sur “Pauline à Paris : un OLNI !

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