[Polar] Black Berry et ses 10 petits Meaulnes

Associer « polar » et « Berry » ? Audacieux ! C’est pourtant bien ce que nous proposent La Bouinotte et son collectif d’écrivains berrichons. Il n’y a pas deux semaines de cela, le nom de cette maison d’édition ne m’évoquait rien d’autre qu’une vague image de galette aux pommes de terre sur fond de tourisme local. C’était sans compter cette intrigante collection de romans policiers subtilement nommée « Black Berry ».

C’est à l’occasion du premier salon du livre d’Henrichemont (super initiative, au passage, et dont la réussite est à souligner) que ce titre en forme d’interjection a retenu mon attention. Des polars ? bof. Pas mon genre, je n’en lis jamais. Mais des polars dont l’intrigue se situe chez moi et qui, en plus, semblent s’amuser avec Le grand Meaulnes ? Cela a suffi pour me convaincre, d’autant plus que Pierre Belsœur (un des auteurs), interpellant ses futurs lecteurs de derrière son stand, me l’a fort bien vendu.

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Avant d’aller plus loin, notez que cette première de couverture est juste parfaite en tous points : la photographie rappelant la maison du Grand Meaulnes, mais habillée d’un filtre énigmatique, le nom de la collection Black Berry, d’une efficacité redoutable, le titre du recueil qui réussit à évoquer à la fois Alain-Fournier et Agatha Christie, et enfin le logo de la collection, une mûre (blackberry en anglais !) noire et entachée de rouge à l’image des nouvelles du recueil.

LE LIVRE

10 auteurs de romans policiers made in Berry se sont réunis ici pour célébrer, à leur façon, le centenaire de la Première Guerre mondiale et de la mort d’Alain-Fournier. Ce recueil nous propose donc 10 nouvelles noires, dont l’action se situe souvent entre le Cher et l’Indre. Ce sont ainsi 10 styles différents que nous découvrons, sorte d’échantillon de Black Berry, comme une invitation à suivre les auteurs que l’on aura préférés.

Point commun entre toutes ces nouvelles (à part les cadavres, évidemment) : Alain-Fournier, qui sert de fil rouge au recueil. D’une manière ou d’une autre, chaque histoire évoque Le Grand Meaulnes, ce roman au parfum d’enfance et de mystère qui ennuie des générations d’écoliers depuis un siècle (soyons honnêtes) (ça marche aussi pour Madame Bovary)*. Certains ont choisi de conserver le nom des personnages, d’autres font du livre un élément de l’intrigue à part entière.

* Ironie, évidemment. Mais à l’heure où 50 nuances de Grey et Les Ch’tis à Mykonos explosent tous les records…voilà, hein.

10-petits-meaulnes-livres

MON VERDICT

Premier constat : je confirme, je ne suis pas fan de polars. Les histoires de crimes passionnels, les inspecteurs de police sur le retour qui mènent l’enquête, les fins en queue de poisson où tout le monde meurt sans qu’on en sache plus… ça n’est pas mon truc. Mais force est de constater que j’ai dévoré le livre, et je crois comprendre pourquoi ça fonctionne : des intrigues simples, des personnages un peu cliché, un format court, mine de rien, c’est efficace.

J’ai beaucoup aimé découvrir le style de chaque auteur mais bien sûr, j’en ai préféré certains à d’autres. J’ai été déçue par les nouvelles où Le Grand-Meaulnes est à peine suggéré, ou trop artificiellement intégré. Au contraire, j’ai adoré celles où le roman joue un véritable rôle : coup de cœur par exemple pour « L’homme qui dort », de François Coulaud (qui réussit par ailleurs l’incroyable exploit de nous donner envie de visiter Vierzon). J’ai cru déceler un clin d’œil au « Dormeur du Val » dans « Yvonne » de Jérémy Bouquin (qui pourra peut-être me le confirmer s’il passe pas là !), et c’est typiquement le genre de détail que j’aime retrouver quand je lis.

Finalement, Black Berry m’aura permis de faire deux découvertes pour le prix d’une :

  • le « capital sympathie » des éditions La Bouinotte
  • un genre, celui du polar régional, composé de deux éléments qui me rebutent habituellement (les récits régionaux et les polars) mais que j’ai pourtant été capable d’apprécier une fois réunis !

logo-black-berry

Black Berry ! 10 petits Meaulnes

Gilles Guillemain, Jérémy Bouquin, David Verdier, Yvan Bernaer, Olivier Lécrivain, Pierre Belsœur, François Coulaud, Michelle Montmoulineix, Luc Portier, Pierre-Olivier Lombarteix

 Éditions La Bouinotte (octobre 2014) – 250 pages

 

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Une réflexion sur “[Polar] Black Berry et ses 10 petits Meaulnes

  1. Pingback: Le Crépuscule de Satan (Xavier Viallon) : un Da Vinci Code « made in Berry » ! | polars black berry

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