The book of Ivy (Amy Engel) – Une dystopie pour ados

Une histoire d’amour à la Roméo et Juliette, un univers dystopique à la Barjavel, une intrigue digne des tragédies antiques… The book of Ivy nous fait de bien alléchantes promesses… mais saura-t-il les tenir ? Le suspense est insoutenable, alors sans plus tarder découvrez ce que j’en ai pensé !

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L’HISTOIRE

L’histoire se déroule aux États-Unis, dans un futur relativement proche, mais après qu’une guerre nucléaire a décimé une majeure partie de la population mondiale. Les survivants, divisés en deux camps rivaux, vivent désormais sous un régime quelque peu autoritaire (qui choisit pour vous avec qui vous allez vous marier, notamment), ce qui ne semble pourtant déranger personne. Évidemment il y a bien quelqu’un qui remet en cause le système, et je vous je le donne en mille : c’est Ivy, notre héroïne. Fille du leader vaincu des années auparavant, elle doit à présent épouser le fils du Président, histoire de sceller « l’unité du peuple ». Afin de ne surtout laisser aucun suspense, la couverture nous révèle déjà que le dessein de la jeune fille est d’assassiner celui à qui elle est promise. Avant d’entamer ma lecture, j’imaginai déjà une sorte de réécriture du mythe des Danaïdes, mais autant vous dire que j’avais vu bien trop grand !

MON VERDICT

L’intrigue est sans surprise. A part un ultime rebondissement à la toute fin du roman, qui sert essentiellement à annoncer un deuxième tome, tout se déroule exactement comme les premières pages le laissent supposer.

Le roman nous est vendu comme « une histoire d’amour torturée », « un thriller psychologique » et « une dystopie cruelle », mais vous pouvez éliminer les deux derniers. Thriller psychologique ? pas vu. Dystopie cruelle ? cela aurait pu fonctionner, mais les thèmes intéressants ne sont traités que de façon très superficielle (en vrac : la remise en cause des libertés individuelles pour l’intérêt général, la question de la peine de mort, l’écologie, les droits des femmes…). De ce point de vue-là, mieux vaut lire Le Passeur de Lois Lowry. En fait, le monde post-apocalyptique si prometteur se révèle n’être qu’un vague prétexte pour nous faire admettre cette histoire de mariage arrangé, l’intrigue étant principalement centrée sur les émois amoureux de l’héroïne.

De fait, au bout de quelques chapitres, j’ai eu l’impression de lire une sorte de 50 nuances de Grey pour adolescents (et n’étant plus adolescente depuis un certain temps, cela m’a plus fait rire qu’autre chose, ce qui est déjà pas mal, me direz-vous).

Celui que doit épouser Ivy, Bishop, est une espèce d’archétype de prince charmant : beau, ténébreux, musclé, bronzé, mais également prévenant, attentif, et pourfendeur des injustices. Il fait aussi la cuisine et la lessive, et n’essaie même pas de violer sa jeune épouse (qualité hautement appréciable, vous en conviendrez). Pour parfaire le tableau, il a évidemment eu une enfance triste et solitaire.

Ivy passe approximativement 300 pages à être follement attirée par lui, tout en luttant de toutes ses forces contre cette attraction parce que bah, c’est pas bien (profondeur des personnages bonjour).

The book of Ivy se lit très rapidement et facilement, l’écriture ne présentant pas d’intérêt particulier (mais rien qui ne m’ait fait hurler non plus). Dans le genre roman de gare à l’eau de rose, j’imagine que les adolescentes y trouveront leur compte, grâce à un style que je qualifierai de « sagement sulfureux » (ou sulfureusement sage, si vous préférez). Bref, je suis emballée.

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The book of Ivy,

Amy Engel (traduit de l’anglais par Anaïs Goacolou),

 Éditions LUMEN (mars 2015) – 345 pages

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4 réflexions sur “The book of Ivy (Amy Engel) – Une dystopie pour ados

    • Sans doute. Mine de rien la narration est assez efficace, et on a tout de même envie de connaitre la suite (et quand je vois le nombre d’accros à 50 nuances de Grey, je comprends qu’il en ai séduit plus d’une)…

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    • Ah ! Du coup tant mieux (ou tant pis) si j’ai pu t’éclairer ! Je l’ai lu parce qu’il fait partie du défi Babelio (auquel près élèves participent), il m’attirait mais ne présente finalement que peu d’intérêt…

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