Le Crépuscule de Satan (Xavier Viallon) : un Da Vinci Code « made in Berry » !

Qui a dit que « polar » et « littérature locale » ne faisaient pas bon ménage ? Certainement pas les éditions La Bouinotte ! Leur collection Black Berry, que je découvrais il y a quelques mois, s’étoffe d’année en année. Le petit dernier, avec ma cathédrale préférée en couverture, m’a tout de suite tapé dans l’œil. La bande-annonce a achevé de me convaincre de tenter l’expérience.

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L’HISTOIRE

Si j’ai mentionné le Da Vinci Code dès le titre de l’article, c’est que Le Crépuscule de Satan me semble en être assez clairement inspiré. Une mystérieuse prophétie liée à la mort de Jésus Christ place Julie, une jeune adolescente berruyère,  au centre d’une aventure dont les enjeux la dépassent.

Dès les premières pages du roman, des phénomènes étranges se manifestent autour d’elle. Lors d’une sortie scolaire, un des vitraux de la cathédrale de Bourges se brise sous ses yeux. C’est alors que son destin bascule (dixit la quatrième de couverture).

Ce polar vous mènera des ruelles médiévales de Bourges à la cité du Vatican, et vous y croiserez, entre autres, une jeune fille innocente et son parrain prêt à tout pour la protéger, des méchants vraiment méchants, des fonctionnaires ripous, ainsi qu’un mystérieux savant, aussi riche que surprenant. Courses-poursuites et armes à feu sur fond d’ésotérisme au programme.

MON VERDICT

Le Crépuscule de Satan, s’il rassemblait a priori de nombreux éléments pour me plaire, m’a finalement laissée sur ma faim. Souvent, au fil de ma lecture, les choses qui m’ont plu ont été contrebalancées par d’autres qui m’ont déçue. Petit état des lieux :

🙂

  • Fidèle à moi-même, j’ai aimé déceler quelques détails d’intertextualité. Volonté ou non de l’auteur, il y a toujours des choses qui, dans un roman, évoquent d’autres œuvres. Celui-ci m’a évidemment rappelé le Da Vinci Code, mais j’ai aussi retrouvé quelques ambiances à la James Bond, ou même une allusion à La Nona Ora, sculpture de Maurizio Cattelan (évitez de cliquer si vous ne supportez par le spoil) !
  • D’une manière générale, je suis assez friande des histoires qui remettent en question l’existence/le rôle de Jésus, ou qui jouent avec les énigmes historiques. J’ai donc bien aimé les passages qui font un bond dans le passé, et imaginent un point de vue en marge de l’histoire officielle.
  • J’ai trouvé la narration assez « cinématographique », et on l’imagine bien adaptée pour le grand écran. L’écriture est plutôt sobre, et l’enchaînement des péripéties vif. L’auteur a su instaurer un suspense qui fait nous interroger sur le sort de Julie jusqu’au dernier moment.

😐

  • Contente de reconnaître des lieux familiers au début de l’histoire, j’ai été déçue qu’elle s’éloigne de Bourges aussi rapidement. Pas que cela soit incohérent, au contraire. Je suis bien consciente que ce « bémol » est entièrement dû à mes attentes et non à la logique du livre (cela dit, j’ai l’impression que la couverture et la bande-annonce nous invitaient clairement à une intrigue tournée vers la cathédrale Saint-Étienne).
  • La quatrième de couverture annonce un récit « truffé d’énigmes ». Si c’est bien le cas pour les personnages du livre, ça ne l’est pas tant que ça pour le lecteur, dont la progression suit un chemin tout tracé, sans véritable possibilité « d’extrapoler ». À nous d’accepter les différents rebondissements qui se présentent à nous.
  • Les personnages sont assez inégaux : celui de Patrick (le parrain de Julie, ancien militaire des Forces Spéciales) est très réussi, crédible et pas manichéen, alors que d’autres m’ont paru sous-exploités (les parents de Julie, ou Jérémie).

😦

  • Restons sur les personnages : amusée au début du livre devant des personnages féminins un peu cliché, cela a fini par me lasser (voire m’agacer gentiment) en constatant que ce défaut était systématique.
  • J’ai parfois ressenti une impression de pêle-mêle, d’éparpillement. Certains éléments (objets, personnages) sont introduits dans le récit pour ne pas être exploités par la suite (« laissée sur ma faim », vous disais-je en introduction)…
  • Je n’ai pas été emballée par le dénouement, trop farfelu à mon goût. Cela a d’ailleurs participé à l’impression d’éparpillement que je viens d’évoquer.

Pour conclure, tout de même, sur une note positive, je tiens à souligner le contact très sympathique que j’ai pu avoir avec l’auteur et sa maison d’édition, qui me donne envie de continuer à les suivre !

crépuscule de satan bourges cathédrale

Merci à Xavier Viallon et à La Bouinotte pour leur amicale collaboration ♥

Le Crépuscule de Satan,

Xavier Viallon,

Éditions La Bouinotte (mars 2017) – 185 pages

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Une réflexion sur “Le Crépuscule de Satan (Xavier Viallon) : un Da Vinci Code « made in Berry » !

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