Comme une respiration… en attendant mieux ? (Jean Teulé)

J’aime bien Jean Teulé. À chaque rentrée littéraire, ou presque, on le voit sur tous les plateaux télé, gouailleur et pas pédant.

De lui, j’avais déjà lu – et aimé – Le Montespan et Héloïse ouille ! C’est donc tout naturellement que son petit dernier Comme une respiration… s’est retrouvé sur ma liste de Noël.

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Le livre

Premier constat (mais nous étions prévenus) : ce que nous avons là ne ressemble en rien aux livres que nous propose d’ordinaire Jean Teulé. Cette fois-ci, pas de roman historico-provocateur, Comme une respiration… est un recueil de quarante (très) courtes nouvelles dont les protagonistes sont Sylvie, Georges, Yann, Gilles… bref, Monsieur Tout-le-Monde.

Jean Teulé présente ce livre comme une volonté de faire une pause dans les histoires cruelles et/ou concupiscentes qu’il met en scène habituellement. Selon lui, notre monde et la violence de l’actualité sont déjà bien assez étouffants… d’où cette envie de présenter quelque chose de plus léger.

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Ainsi, il nous promène dans une sorte de tour de France des gens ordinaires, du métro parisien à la rade de Toulon, en passant par Souillac ou Glux-en-Glenne. Toutes les nouvelles sont parfaitement indépendantes les unes des autres, et constituent autant de micro-événements dans la vie de leurs personnages.

Toutes ces vies minuscules, sans autre lien entre elles que celui que représente Jean Teulé, ont tout de même un point commun : il ne s’y passe jamais rien de dramatique. Parfois il ne s’y passe même rien du tout, d’ailleurs. On saute d’un lieu à un autre, d’une époque à une autre, on picore des sourires çà et là… De temps en temps, Jean Teulé s’amuse à mettre en place une petite tension passagère, mais on se souvient du ton du recueil et puis ouf ! ça retombe comme un soufflé (comme une respiration…)

Mon verdict

Comme une respiration… est un parfait livre de salle d’attente ou de station de métro. Il est effectivement léger (au sens propre comme au figuré) et se lit sans effort. Pour ma part, je l’ai intégralement grignoté en une soirée (devant le concours de l’Eurovision, c’est dire si mon cerveau était occupé).

D’un récit à l’autre, pas de transition. Ni intro, ni conclusion, ni morale finale. La lecture est gratuite.

Comme toujours, Jean Teulé est très fort pour restituer l’atmosphère d’un lieu en quelques lignes. Le cui-cui des oiseaux dans une maison de campagne, l’acidité d’une cerise sauvage, le tumulte d’une cour de récré… on s’y croirait.

J’aurais aimé que la dimension autobiographique du recueil soit plus explicite. On devine entre les lignes que toutes ces histoires touchent Jean Teulé de près ou de loin. Il les a vécues, il y a assisté, on les lui a racontées. La nouvelle que j’ai d’ailleurs préférée est celle où il raconte comment, jeune adolescent, il a attendu la réponse de l’école d’art où il avait postulé.

Quelques nouvelles sortent du lot mais l’ensemble est finalement assez inégal. Si j’ai passé un bon moment, j’espère néanmoins que Comme une respiration… n’est qu’une parenthèse dans l’oeuvre de Teulé, que je préfère plus caustique.

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Comme une respiration me permet de valider une catégorie du reading challenge 2017 : « Un livre avec du langage oral, familier ».

Comme une respiration,

Jean Teulé,

Éditions Julliard (novembre 2016) – 155 pages

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