Le Vigile – le petit dernier de Xavier Viallon !

Après Le Crépuscule de Satan chroniqué ici en mai 2017, Xavier Viallon récidive et commet un second roman policier dans la collection black Berry  : Le Vigile. 🕵️‍♂️

LE VIGILE

Le Crépuscule de Satan, qualifié de mystique ou ésotérique 👽 m’avait « laissée sur ma faim ». Mais Le Vigile suit une intrigue plus classique, ce qui n’a pas été pour me déplaire.

Dans un modeste quartier pavillonnaire de Bourges, une jeune femme est retrouvée morte, étranglée à son domicile. Les suspects ne manquent pas. Parmi eux, Yannick Dufresne, agent de sécurité de l’hypermarché fréquenté par la victime. A quelques semaines de la retraite, le major Matejewski est chargé de l’enquête. Son esprit aiguisé et son expérience seront des atouts précieux pour découvrir la vérité.

Avant de développer les points qui m’ont séduite, débarrassons-nous de ceux qui me sont apparus comme des défauts (j’ai bien aimé le livre, alors autant terminer ma chronique par les éléments positifs !)

😑

Pour moi il y a encore un endroit où le bât blesse… quelque chose qui m’avait déjà titillée dans le Crépuscule de Satan : les personnages féminins sont trop clichés, bon sang ! Deux options possibles : être dans la séduction, ce qui se traduit par des courbes affriolantes, des cheveux qui tombent en cascade, de jolis sourires et des protagonistes masculins systématiquement troublés, ou alors être une espèce de bonne femme antipathique de quarante à cinquante ans (et je n’ai envie de m’identifier ni à l’une ni à l’autre). Quand apparaît une jeune femme membre du GIGN (enfin un peu de diversité) son rôle n’est que de faire diversion à l’aide d’une « robe printanière qui soulignait une silhouette gracile », d’un « sourire engageant » et d’une « longue chevelure blonde » censés attirer les regards et les commentaires graveleux des malfaiteurs « émoustillés par cette agréable apparition »…

Autre aspect du même défaut selon moi : je n’ai pas aimé le traitement du capitaine Zenaidi, d’origine tunisienne mais ouf ! il mange des andouillettes et boit du vin rouge (y’en a des bien…). Pardonnez ce ton caustique, mais dans Le Vigile les personnages d’origine maghrébine sont soit de bons citoyens athées, fonctionnaires de surcroît, soit des musulmans barbus et intolérants (voire terroristes… ouch !) Trop manichéen à mon goût.

👌

Mais heureusement, les éléments que je viens de mentionner n’entravent pas une intrigue bien menée du début à la fin :

  • Je regrettai que l’intrigue du Crépuscule de Satan s’éloigne trop vite de Bourges. Cette fois-ci j’ai été servie, puisque l’histoire s’y déroule intégralement. J’ai aimé reconnaître divers lieux de la ville en fonction des pérégrinations des personnages.
  • Bon point également : le lecteur peut faire ses propres pronostics, sans être totalement dépendant des informations données au fur et à mesure par l’auteur. Pas de rebondissement saugrenu, pas de deus ex machina.
  • Enfin, je déplorai dans le précédent roman une sensation d’éparpillement due notamment à une exploitation inégale des personnages. Ce n’est plus le cas dans Le Vigile. Indices, fausses pistes ou éléments de compréhension de la psychologie des personnages : chaque point du récit a un rôle à jouer.
  • J’ai trouvé l’écriture toujours aussi efficace. Les dialogues sont réalistes, les différences de point de vue et les variations chronologiques sont habilement intégrées au récit.

Conclusion

La réussite du livre tient selon moi au duo Matejewski/Zenaidi, qui est à la fois crédible et attachant. J’aurai finalement lu Le Vigile en deux jours, conduite par une véritable envie de connaître son dénouement. Et je n’ai pas été déçue !

le-vigile

♥ Merci à Xavier Viallon et à La Bouinotte pour leur collaboration toujours aussi sympathique ♥

Le Vigile, Xavier Viallon,

Éditions La Bouinotte (juillet 2018) –  272 pages

Bonus 🎁

Xavier Viallon est également l’auteur de la nouvelle « Bête à en mourir », parue il y a quelques semaines dans le troisième recueil black Berry ! – Mauvaises nouvelles.

blackberry_vol_i_5bc598681f4c0

Un très court récit (comme je les aime), dans lequel l’auteur se montre taquin dans son choix d’énonciation. Je pense que le suspense souffre un peu pour qui est rompu à la lecture de nouvelles à chute (on pense à « Adieu Luçy » ou à « Histoire naturelle »...), mais « Bête à en mourir » est une petite friandise qui se grignote toutefois avec plaisir. 🍬

À bientôt pour de nouvelles aventures berrichonnes !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s