Ce Qu’il Fallait Découvrir (cette semaine) – CQFD#2

Oui je sais, je triche. Mes découvertes « de la semaine » ne datent pas vraiment de cette semaine. Disons que j’ai un ou deux trains de retard. Mais comme j’ai l’enthousiasme facile, autant essayer de le partager, non ?

LUNDI 03/02/2020 – AMOUR & GREC ANCIEN (ou : quand les publicitaires ont du talent)

Parfois je râle contre des pubs scandaleusement idiotes, mais parfois je dois bien admettre que les annonceurs nous pondent de jolis trucs. Je trouve celle-ci particulièrement réussie, tout en tendresse.

L’helléniste en moi a été immédiatement émue, puisque le film est construit autour de quatre mots grecs anciens signifiant chacun « amour » : φιλία (l’affection qui naît de l’amitié*) ; στοργή (celle que l’on ressent pour un grand-parent ou un frère) ; ἔρως (l’incontrôlable et ardent désir de dire « je t’aime ») ; ἀγάπη (le plus admirable, l’amour envisagé comme action, qui requiert courage, sacrifice, force).

*les définitions entre parenthèses sont mes traductions du texte de la pub.

Quelques notes de piano, une voix off sans affectation. Des enfants, des familles, des couples, des personnes âgées, des adolescents. Une très jolie lumière, des sourires, des regards, des murmures, des éclats de rire, des étreintes. C’est très touchant. Dommage que ce soit pour nous vendre une compagnie d’assurance.

PS. Comme le cerveau d’un prof ne dort jamais, je suis déjà malgré moi en train d’imaginer comment utiliser ce spot en classe. Idéalement il y aurait quelque chose à faire en classe de quatrième (« Dire l’amour » + initiation à l’option grec).

SAMEDI 08/02/2020 – FICTION INTERACTIVE (ou : une forme de littérature numérique)

Si vous avez fait un tour dans ma section Lectures 2020, vous savez que je suis actuellement plongée dans La Maison des feuilles. C’est un livre dont j’ai envie de parler autour de moi, mais il est tellement dingue qu’il est difficile d’en faire saisir toute la dimension aux « non-initiés »… alors j’ai cherché « maison des feuilles » sur Twitter… et je suis tombée sur ce tweet de Nicolas Pérot :

tweet nicolas perot

« Fiction interactive » ou « jeu textuel »… autrement dit une sorte d’équivalent numérique des « livres dont vous êtes le héros ». Je me doutais bien que cela existait, mais je ne m’y étais jamais intéressée. Évidemment, j’ai cliqué.

Et là… saisissement ! En lisant/jouant/participant à Irrésistibles possessions, j’ai pris conscience, comme un vertige, qu’un univers entier s’ouvrait à moi. Impossible de nier les apports de la technologie à la littérature… ce n’est pas évident à expliquer, mais la fiction interactive vous fait ressentir physiquement ce que vous lisez. On expérimente presque matériellement les notions de suspens, stress, urgence, anticipation (pour reprendre les mots de l’auteur). Bref, testez, je ne peux pas mieux vous dire :

irrésistibles possessions clic

DIMANCHE 09/02/2020 – FILM DE DANSE SANS PAROLES (ou : Roméo & Juliette version 2019)

Dans la nuit du 09 au 10 février, alors que la tempête Ciara fait grincer et craquer la charpente de ma vieille maison comme la cale d’un navire, je n’arrive pas à dormir. Alors je zappe. Tiens ? Roméo et Juliette ! Une version que je ne connais pas… ah ! elle a l’air toute récente. **Vérification avec le bouton « info » de ma télécommande**

romeo juliet kenneth mcmillan 2019 arte
Oh ! il s’agit du ballet. Je dis « du » ballet comme si je maîtrisais le sujet, mais la vérité c’est que je ne connais rien d’autre que la « Danse des chevaliers » (et encore, je viens de chercher le nom). Je n’y connais rien en danse classique, et ce n’est a priori pas un univers qui m’attire.

Je devais me lever tôt le lendemain, j’aurais dû éteindre la télé. Et pourtant je suis restée scotchée.

En fait, j’étais tombée sur l’adaptation par Michael Nunn et William Trevitt (fondateurs de la compagnie londonienne BalletBoyz) du Roméo et Juliette de Kenneth MacMillan (1965), sur une partition écourtée de Sergueï Prokofiev (1935).

Il ne s’agit pas « juste » de la captation vidéo d’une représentation, mais d’un véritable film. Peu de scènes ont été tournées sur scène, mais plutôt dans des décors réalistes (rues de Vérone, chambre de Juliette, crypte…) et les différents plans de caméras participent à l’émotion. Les danseurs livrent par ailleurs une incroyable performance d’acteurs.

Je vous laisse regarder le trailer :

Le résultat est tout simplement beau, et très accessible. Pas une parole, et pourtant on comprend tout. Je serais bien incapable de commenter les prouesses chorégraphiques, mais une chose est sûre, c’est impressionnant. La synchronisation parfaite du corps de ballet, l’impression de légèreté… (la parfaite profane que je suis enfonce sans doute des portes ouvertes).

À voir et à revoir librement en replay sur Arte TV jusqu’au 8 mai 2020 :

arte concert clic

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