On n’a qu’une vie. Autant la rêver. – Nouveaux Contes du Berry (Sébastien Degorce)

Je suis – encore – d’humeur locale aujourd’hui ! J’ai donc décidé que c’était le moment de vous présenter les Éditions Degorce, récemment implantées à Bourges, que j’ai découvertes avec la parution des « Nouveaux Contes du Berry » (merci La Bouinotte).

Sébastien Degorce, l’auteur-éditeur, nous propose six contes dont les héros sont avant tout… les animaux de la campagne berrichonne.

Des fourmis, un lapin, des canards, un cheval… mais attention, ces contes sont loin d’être enfantins, et les humains n’y ont décidément pas le beau rôle.

« L’homme n’a plus sa place dehors, continua la chouette. C’est une créature sourde et aveugle. Elle persiste à vouloir comprendre la nature sans l’écouter, et surtout à la dompter. »

Chaque histoire se déroule à une époque assez indéterminée, peut-être médiévale (et encore, on le suppose grâce aux quelques interventions humaines), ce qui contribue – avec la noirceur et l’âpreté des situations – à inscrire ces récits dans la lignée des contes les plus traditionnels.

Mais si on peut difficilement déterminer le cadre temporel, les indications spatiales, elles, sont extrêmement précises : nous traversons la province du Berry, entre l’Indre et le Cher, le long des bouchures, des forêts, des fermes, des villages, des étangs… et au fil des saisons.

« La misère sévissait partout, et la guerre était imminente : Aubigny, La Chapelle et Les Aix d’Angillon avaient fermé leurs portes. La plupart des denrées ne s’achetaient plus qu’à vils prix. La crainte de désobéir ou de déplaire à Dieu avait déserté le cœur des hommes. »

Les six contes peuvent se lire de façon indépendante, mais une lecture intégrale du recueil révèle qu’ils communiquent entre eux. On retrouve certains protagonistes, on décèle une progression dans les enseignements à tirer.

J’en garde le sentiment d’un livre plus profond qu’il n’y paraît, qui mêle attachement profond à un « pays », sagesse populaire et invitation à réinventer le monde.

« Car la vie ne se résume pas à ce que l’on voit, ni à ce que l’on nous dit, et encore moins à ce que l’on se résigne à accepter en quittant l’enfance. On n’a qu’une vie. Autant la rêver. »

Soulignons par ailleurs que Sébastien Degorce a visiblement à cœur de mettre en valeur son métier d’éditeur : le livre s’ouvre sur des explications concernant le format du livre, le choix et l’histoire de la police de caractères etc. J’ai tendance à être à l’affût des sources des images illustrant mes lectures, je peux dire qu’ici j’ai été servie au-delà de mes attentes !

♥ Merci aux Éditions Degorce pour leur amicale collaboration ♥

Je vous invite d’ailleurs à les suivre sur Facebook, Instagram, Twitter et même Youtube.

PS. Le logo de la maison d’édition – un héron au cou recourbé – ne pouvait être mieux choisi. Depuis, j’ai l’impression de croiser des hérons partout, et je pense à ce livre à chaque fois !

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