Lectures 2020

Livres lus en 2020 :

La Communauté du Sud – tome 1 « Quand le danger rôde », Charlaine Harris (2005)

Lecture en mode **cerveau off**. Je suis loin d’être fan de bit lit, mais je viens de terminer le visionnage intégral de la série True Blood (qui a certes des défauts mais qui est terriblement efficace dans son genre), et j’avais envie de découvrir la saga originelle. Et bien grosse déception. C’est gnangnan à souhait, les personnages n’ont aucune épaisseur, c’est bourré d’incohérences (sans parler des scènes d’amour à la Harlequin, à base de métaphores érotico-ridicules et de périphrases embarrassantes). Ça fait mal à admettre, mais l’adaptation en série télévisée est bien meilleure que le livre. Je ne lirai probablement pas les tomes suivants, dommage.

► Chanson douce, Leïla Slimani (2016)

Lu d’une traite en quelques d’heures, sur un coup de tête. Je savais évidemment que ce roman était un best-seller – on en a beaucoup entendu parler quand il est sorti, encore plus quand il a eu le prix Goncourt. J’ignorais quel en était le sujet, mais le roman nous affranchit dès les premiers mots de la première page : Le bébé est mort. Une effroyable scène de meurtre dans un décor de la vie quotidienne. Du sang, un cri. Un double infanticide.

Chanson douce n’est pas un roman policier, c’est une tragédie (au sens de tragédie grecque). L’issue fatale est connue dès le début, et on assiste impuissant au jeu des personnages qui, presque dans un huis-clos, ne savent pas qu’ils courent vers leur propre perte. La nourrice, qu’on compare à Mary Poppins, devient Médée.

En creux, on lit une réflexion sur la place de la femme, ou plutôt de la mère, dans la société. Sur les rapports de domination, de dépendance qui nous lient tous et sous de multiples formes. Sur le racisme et le déterminisme social, aussi. On en ressort hagard.

Un été avec Homère, Sylvain Tesson (2018)

Commencé après avoir vu sur Arte l’émission Dans le sillage d’Homère – que je vous conseille absolument au passage (feat. Andrea Marcolongo). Des réflexions passionnantes sur le lien entre la géographie et la littérature, comment la première façonne la seconde. Une enquête in situ sur les lieux qui ont inspiré Homère.

Anne… la maison aux pignons verts, Lucy Maud Montgonery (1908)

Dans mon édition d’enfance, évidemment (intégrale récupérée in extremis avant le confinement)… j’ai eu envie de me replonger dans cette série après avoir vu qu’une adaptation était proposée sur Netflix !

Le silence de la mer, Vercors (1942)

Exhumé de ma bibliothèque à l’occasion d’un grand rangement / recensement, j’ai enfin lu ce court roman emblématique des Éditions de Minuit.

Trop classe, Véronique Decker (2016)

Un recueil de témoignages d’une directrice d’école dans le 93. Des anecdotes authentiques, sincères, qui ne sonnent ni démago ni gratuitement alarmistes.

Sukkwan Island, David Vann (2010)

Le genre de roman qui vous fout un bon coup de poing dans la gue***. Une espèce de confinement de l’extrême entre un père et son fils, sur une île déserte. Assez glaçant.

Le monde selon Garp, John Irving (1978)

Un classique de la littérature américaine, que j’ai découvert avec grand plaisir cette année (on me l’a conseillé alors que je conseillais moi-même L’homme-dé et L’ours est un écrivain comme les autres). Un livre qui ne laisse pas indifférent, c’est certain. Foisonnant, violent, absurde, ironique… On ressort de cette lecture en ayant l’impression de réellement connaître ce Garp, c’est assez étrange.
J’ai enchaîné avec l’adaptation cinématographique, qui est, elle, très dispensable.

Amoureux, Hélène Delforge & Quentin Gréban (2020)

Un très bel album, vraiment, un objet magnifique. Chaque double page met en regard un texte d’Hélène Delforge et une illustration de Quentin Gréban, et décline l’amour sous toutes ses formes. Un recueil doux, émouvant. On le parcourt avec une espèce de tendresse triste, entre la larme et le sourire. J’aimerais en faire une chronique plus détaillée, affaire à suivre…

Jamaiplu, Josiane Balasko (2019)

Je guettais ce recueil de nouvelles fantastiques depuis sa sortie, j’ai craqué en le voyant disponible chez Recyclivre. Une lecture très fraîche, pleine d’humour un peu grinçant. Des nouvelles très réussies dans leur genre.

Gare à Lou, Jean Teulé (2019)

J’avais pourtant dit que les derniers titres de Jean Teulé m’avaient déçue, mais je me rends compte qu’en fait, j’ai toujours l’espoir de tomber à nouveau sur une pépite comme le Montespan (ou alors j’idéalise mon souvenir de lecture…) Bref, j’ai emprunté Gare à Lou à la bibliothèque du coin pour l’été, je l’ai rapidement lu. Voilà. Assez dispensable à mon avis.

L’empathie, Antoine Renand (2019)

Emprunté lui aussi à la bibliothèque du coin pour l’été. Je lis peu de polars mais je me suis laissée tenter par les critiques dithyrambiques et les prix reçus par L’empathie. Je comprends l’emballement, ce roman noir est très réussi, sans temps morts. Il joue sur une forme de voyeurisme malsain que, j’imagine, tout le monde possède. Un petit côté « catharsis ».

Culottées (Livre I – Parties 1 et 2), Pénélope Bagieu (2016)

Je connaissais déjà une bonne partie des planches, mais n’avais jamais lu Culottées BD en intégralité. Je me suis donc procurée la version poche, un format tout à fait agréable et pratique à trimballer pour lire entre deux obligations quotidiennes (1 épisode ≃ « 1/4h lecture » au collège).

De l’autre côté du mythe – Ariadne, Flora Boukri (2002)

Un projet tout à fait dans l’air du temps : rendre la parole aux femmes (même fictives), s’intéresser au point de vue de personnages qui ne sont souvent que des faire-valoir dans une tradition littéraire très androcentrique. Cela va au-delà de l’exercice de style. L’autrice réussit le pari d’une réécriture intelligente, originale, sans pour autant tomber dans des travers de type « gros sabots démago ».

Jonathan Sato et les secrets des alchimistes, Jean-François Morin (2020)

J’ai retrouvé avec plaisir les codes des romans jeunesse d’aventure, sans pour autant avoir d’impression de « déjà lu », parce qu’on sent que l’univers imaginé par l’auteur lui est personnel. Les descriptions de sorties, jeux, repas en famille sont agréablement réalistes et donnent un aspect « rassurant », « réconfortant » à cet univers imaginaire. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé les passages où sont décrits le travail des champs, le monde agricole au fil des saisons, avec douceur et enthousiasme. On devine l’attachement de l’auteur au monde rural (et quelques clins d’oeil à sa région natale). On prend plaisir à essayer de démasquer les « méchants » d’e l’histoire, sans que cela soit grossier pour autant, car l’intrigue est bien menée. Je pense que le livre peut beaucoup plaire à des enfants / ados à partir d’une dizaine années, qui trouveront matière à s’identifier et à rêver ! Un bon point d’ailleurs pour le traitement de l’égalité filles / garçons. Un premier tome très réussi, qui donne envie de connaître la suite de cette nouvelle saga !

Daniel Balavoine, un homme vrai, François Alquier (2020)

Un livre qui « casse les codes » des biographies habituelles, en donnant très largement la paroles à ceux qui l’ont connu de près.
Un livre qui met avant tout en évidence l’obsession de Balavoine pour les groupes, l’amitié et la liberté accordées à ses musiciens, conditions obligatoires pour faire de la musique.
Un livre essentiel pour redécouvrir Balavoine avec une oreille neuve.
–> Lire la chronique complète.

L’arabe du futur – tome 5, Riad Sattouf (2020)

Un 5e tome magistral. Après nous avoir laissés suspendus à un effroyable cliffhanger à la fin du tome 4, Riad Sattouf nous offre là, selon moi, le meilleur tome de la série. Est-ce parce qu’il raconte son adolescence, et que cette période charnière de la vie est propice aux sentiments extrêmes ? Est-ce à cause de la gravité de sa situation familiale ? Sans doute un mélange de tout cela. L’autobiographie est très intelligemment menée, entre expériences anodines et drame domestique, entre maux intimes et conflits culturels… Là où l’auteur est très fort, c’est qu’il retranscrit à merveille l’étonnement naïf de l’enfant qui observe ce qu’il ne connaît pas, sans comprendre, et le glissement qui s’opère à l’adolescence, non sans choc, quand l’enfant dépasse ce simple état de constat et tente de comprendre la différence…
PS. Qu’est-ce que j’ai ri !

P.A.L.

La Maison des feuilles, Mark Z. Danielewski (2000)

J’espère avoir le courage de me lancer dans des explications une fois ce livre passé dans la catégorie « lus »… tout ce que je peux vous dire pour l’instant, c’est qu’il est dingue (DINGUE je vous dis).

Étymologies pour survivre au chaos, Andrea Marcolongo (2020)

Dernières nouvelles des oiseaux, Erik Orsenna (2005)

Le temps désarticulé, Philip L. Dick (1959)

Hamlet – Les Classiques en manga, William Shakespeare – Julien Choy (2020)

Dans ma maison de papier, j’ai des poèmes sur le feu, Philippe Dorin (2002)