La déesse des marguerites et des boutons d’or (Martin Millar)

Pas facile de faire son choix parmi la multitude de livres qui s’offre à nous lors des opérations « Masse critique » du site Babelio. Mais le mois dernier, la couverture de l’un d’entre eux a attiré mon attention : tout en elle semblait me dire « je suis fait pour toi » !

martin-millar

Le titre La Déesse des marguerites et des boutons d’or, ainsi que la statue grecque affichée en première de couverture me laissaient peu de doutes : il serait question d’Antiquité, et vous me savez friande de tout ce qui a trait à cette période. Cependant, ce sont surtout la couleur rose flashy (incongrûment girly) et l’utilisation du travail Hipster in stone de Léo Caillard, qui m’ont convaincue de postuler pour recevoir ce livre.

En effet, s’il y a bien quelque chose que j’aime au moins autant que les références à l’Antiquité et à la mythologie, c’est le mélange des genres, notamment lorsque cela est fait avec humour. Je brûlais de savoir qui était la mystérieuse déesse évoquée par ce titre bucolique, Masse critique a exaucé mon souhait : merci Babelio !

L’HISTOIRE

Le personnage autour duquel se noue l’intrigue n’est autre que le célèbre dramaturge grec du Ve siècle avant J.C. Aristophane : les Dionysies vont bientôt avoir lieu, et nous le suivons dans la préparation mouvementée de sa pièce intitulée La Paix. En effet, cette comédie écrite en faveur de la paix entre les Spartiates et les Athéniens, qui s’affrontent depuis dix ans dans la guerre du Péloponnèse, ne semble pas du goût de tous !

À travers une multitude de voix : mortels et divinités se côtoient tout naturellement. Vous rencontrerez donc tour à tour la déesse Athéna, l’Amazone Brémusa ou encore le poète Luxos. Animés chacun de préoccupations différentes, ils finissent tous par se croiser d’une manière ou d’une autre.

L’action a beau se dérouler à Athènes il y 2 500 ans, il est assez amusant de relever des échos à notre société. Qu’il s’agisse de réflexions politiques ou artistiques, la question de la légitimité du peuple à prendre des décisions, ou même tout simplement à exprimer son avis est posée à plusieurs reprises, souvent sur le ton de la satire.

-Isodoros ? Luxos était abasourdi. Mais c’est un poète épouvantable.

-Les gens l’aiment bien.

-Cela ne veut pas dire qu’il soit bon.

MON VERDICT

Nombreuses sont les références à la culture grecque antique, mais le lecteur non averti ne les saisira pas toutes. On se retrouve immergé dans la vie quotidienne des Athéniens du siècle de Périclès, au risque de s’y sentir noyé si on ne possède pas certains codes (en vrac : de quoi a l’air une comédie d’Aristophane, quels étaient les rapports entres les Spartiates et les Athéniens, qu’est-ce qu’une hétaïre, en quoi consistait un symposion, et j’en passe). Bon, je serais presque de mauvaise foi sur ce coup-là, je l’admets : il y a bien un petit glossaire à la fin du livre, mais je trouve qu’une série de définitions, si intéressantes soient-elles, ne permettent pas vraiment de saisir les concepts. 

Pour vous donner une petite idée, voici à quoi ressemble la comédie grecque (on croirait presque à un extrait de Fluide Glacial) :

apulian_bell-krater_phlyax_scene_manL’idée d’une succession de points de vue m’a d’abord séduite. Cela permet de dresser un portrait de la cité athénienne à travers ses habitants de tous bords. Cette forme de narration est souvent un outil redoutable pour entretenir le suspense (je pense à la saga du Trône de fer, par exemple), mais ici j’ai trouvé les « chapitres » trop courts pour être suffisamment accrocheurs.

Ce n’est pas un hasard si je publie finalement cette chronique la veille de l’échéance fixée par Babelio (procrastination quand tu nous tiens…) : ses premières pages ne m’ayant pas immédiatement captivée, La Déesse des marguerites et des boutons d’or a trôné en haut de ma PAL pendant un mois avant que je ne m’y plonge réellement. Pour autant, je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé. J’ai même lu ce livre avec plaisir, sans accroc mais sans enthousiasme non plus. Bref si on était à l’école, Martin Millar aurait droit à une petite gommette orange. :-p

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Ce titre me permet de valider l’item « un livre choisi de façon aléatoire » pour le reading challenge 2016.

La Déesse des marguerites et des boutons d’or

Martin Millar (traduction de Marianne Groves)

Éditions Intervalles (septembre 2016) – 250 pages

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